Coproduction France-Algérie : le coût réel d'un documentaire de 52 minutes
Publié le 7 juillet 2026
Le budget affiché et le budget engagé diffèrent de 22 % en moyenne. Les trois postes qui expliquent l'écart sont toujours les mêmes.
Une coproduction documentaire entre une société française et une société algérienne est présentée comme un montage financier. C'est d'abord un montage de calendriers.
Le premier écart vient des autorisations de tournage. Le délai à prévoir n'est pas long, il est incertain, et une équipe immobilisée trois jours coûte le même prix qu'une équipe qui tourne. Les productions qui tiennent leur budget provisionnent des jours d'attente au lieu d'espérer ne pas en avoir.
Le deuxième est le change. Un budget arrêté en euros et dépensé en partie en dinars sur dix-huit mois porte un risque que personne ne couvre, parce que la couverture coûte cher sur des montants de cette taille.
Le troisième est la postproduction, presque toujours sous-évaluée quand elle est partagée entre deux structures. Deux étalonnages, deux mixages et un aller-retour de conformité coûtent davantage qu'une postproduction faite au même endroit, et le devis initial retient rarement cette hypothèse.
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